Mozambique : l’armée reprend la ville stratégique de Mocimboa da Praia, fief des insurgés

SOURCE | 4 years ago


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(Agence Ecofin) - Le Rwanda est intervenu militairement au Mozambique, début juillet, pour appuyer les forces de défense locales, dans la lutte contre Al-Shabab. Les premiers succès de cet engagement ont été enregistrés, la semaine écoulée, avec la reconquête du village d’Awasse.

Les forces de sécurité mozambicaines et rwandaises ont repris le contrôle de la ville de Mocimboa da Praia, située dans la riche province gazière de Cabo Delgado. L’information, annoncée via un tweet, dimanche 8 août, par les forces armées rwandaises, venues appuyer l’armée mozambicaine aux prises avec les insurgés Al-Shabab, a été confirmée par les autorités locales.

JUST IN: The port city of Mocímboa da Praia, a major stronghold of the insurgency for more than two years has been captured by Rwandan and Mozambican security forces. The city also holds the District Headquarters and Airport.
END— Rwanda Defence Force (@RwandaMoD) August 8, 2021

Dans un communiqué de presse, le ministère de la Défense mozambicaine a précisé que les troupes contrôlent « les infrastructures publiques et privées, en se concentrant sur les bâtiments du gouvernement local, le port, l'aéroport, l'hôpital, les marchés, les restaurants, entre autres [...] ».

Pour le porte-parole de l’armée rwandaise, le colonel Ronald Rwivanga, le village « était le dernier bastion des insurgés, marquant la fin de la première phase des opérations, qui consiste à déloger les insurgés de la zone ».

Théâtre des premières attaques armées à Cabo Delgado en octobre 2017, Mocímboa da Praia était sous le contrôle des militants Al-Shabab, depuis sa chute en août 2020.

Le 9 juillet dernier, répondant à l’appel à l’aide du président mozambicain Filipe Nyusi, Kigali a entrepris le déploiement d’un contingent de 1000 hommes dans la province de Cabo Delgado qui abrite le méga-projet gazier, Mozambique LNG (le plus grand financement de projet jamais réalisé en Afrique). Outre les investissements, Mozambique LNG semble en effet s'être attiré également l’hostilité du mouvement Al-Shabab.

D’abord réticent à la présence de bottes étrangères sur son sol, Filipe Nyusi a finalement cédé aux pressions régionales et internationales, notamment après le raid sanglant des insurgés sur la ville de Palma. Cette dernière attaque a contraint le français Total, l’opérateur du projet, à le suspendre pour cas de « force majeure ».

Les difficultés du Mozambique à endiguer cette menace inédite en Afrique australe mettent en péril les rêves d’émergence de ce pays pauvre, dont les perspectives économiques s’étaient notablement améliorées avec les découvertes gazières. L’Etat mozambicain espérait tirer 100 milliards $ de revenus sur les 25 ans de vie du projet, mais les retards qui s’accumulent, liés à la détérioration de la situation sécuritaire, ont déjà amené le Fonds monétaire international (FMI) à réviser à la baisse ses prévisions de croissance économique pour le pays.

Depuis 2017, le conflit mozambicain a déjà occasionné des dizaines de milliers de morts et de blessés et 700 000 déplacés, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Stéphane Alidjinou


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