(Agence Ecofin) - Au Nigeria, l’industrie aquacole est la deuxième en importance en Afrique après celle de l’Egypte. Face à un déclin de la production enregistré ces dernières années, le gouvernement veut remobiliser les acteurs locaux pour relancer le secteur.
Au Nigeria, le gouvernement entend accélérer la relance de la production aquacole en mettant l’accent sur l’accès au financement et la création d’un dispositif d’assurance dédié aux producteurs. C’est ce qui ressort d’une rencontre organisée le mercredi 16 juillet à Abuja entre le ministère des Ressources marines et de l’Économie bleue et les acteurs du secteur parmi lesquels la Fédération des coopératives de pêche du Nigeria (FCFN), l’Association des développeurs d’aquaculture de tilapia du Nigeria (TADAN) ou encore l’Association des éleveurs de poissons-chats du Nigeria (CAFAN).
Dans un communiqué publié sur son site, ledit ministère indique notamment que des discussions sont en cours avec la Banque mondiale afin de mobiliser un appui financier pour les pisciculteurs tandis qu’il collabore avec la Nigerian Agricultural Insurance Corporation (NAIC) pour développer une couverture d’assurance accessible à l’ensemble des acteurs du secteur.
Si les détails supplémentaires concernant ces initiatives n’ont pas été révélés, l’ambition affichée par le gouvernement à travers cette démarche est claire ; susciter à nouveau l’intérêt des opérateurs locaux et attirer plus d’investissements dans l’aquaculture en déclin depuis quelques années.
Les données compilées par la FAO montrent en effet que la production aquacole au Nigeria a affiché une baisse de 2,8 % en moyenne par an, passant de son pic de production de 316 727 tonnes réalisé en 2015 à 259 106 tonnes en 2022.
Évolution de la production aquacole
L’autosuffisance en ligne de mire
Cette nouvelle orientation lancée par Abuja s’inscrit dans une plus large stratégie visant à faire de l’aquaculture un pilier de la sécurité alimentaire et de l’autosuffisance en produits halieutiques.
Au-delà des deux leviers financiers identifiés, le ministère des Ressources marines prévoit également des mesures en faveur de l’inclusion des jeunes et des femmes, notamment à travers des subventions de démarrage et des programmes d’autonomisation, ainsi que le renforcement de la coopération interministérielle pour soutenir l’industrie locale à travers des mesures politiques et un appui technique adéquat.
« Le Nigeria doit emprunter une nouvelle voie vers l’autosuffisance en matière de production halieutique. Nous allons accroître la production locale de poisson, réduire la dépendance vis-à-vis des importations et repositionner le secteur pour une croissance durable. Cette rencontre n’est pas une fin en soi, c’est le début d’un dialogue soutenu et transformateur », a déclaré M. Oyetola.
En attendant que ces annonces débouchent sur des résultats concrets, le chemin vers l’autosuffisance en produits halieutiques est encore long. Il convient de noter que l’aquaculture ne représente que le quart des captures totales de poissons, estimées à près de 1,04 million de tonnes au Nigeria en 2022. Ce qui suggère aussi que la majorité de l’offre provient encore de la pêche.
Par ailleurs, le pays le plus peuplé d’Afrique a importé environ 833 000 tonnes de produits halieutiques en moyenne entre 2022 et 2024 pour combler son déficit de production, selon la FAO.
Stéphanas Assocle
Édité par Wilfried ASSOGBA
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