(Agence Ecofin) - Dimanche, dans l’Etat de Kaduna au Nigeria, huit personnes, dont un bébé ont été enlevées dans un hôpital, alors qu’un poste de police a été attaqué par des hommes armés. Quelques heures plus tard, ce sont près de 140 lycéens qui auraient été enlevés dans une école, ciblée par un rapt.
Au Nigeria, l’Etat de Kaduna a replongé dans la terreur depuis ce week-end. Entre les journées du dimanche 4 et du lundi 5 juillet, plusieurs attaques ont visé un hôpital, un poste de police et un lycée.
Ainsi, selon la police locale, des hommes armés ont attaqué un hôpital de la ville de Zaria et y ont enlevé jusqu’à huit personnes, dont un bébé. Dans le même temps, le quartier général de la police divisionnaire de Kaduna a été la cible d’un commando armé qui a engagé un affrontement avec les forces de l’ordre, donnant lieu à un échange de tirs nourri. Finalement, les assaillants ont été repoussés et d’après Muhammed Jalige, porte-parole de la police de Kaduna, plusieurs d’entre eux ont été blessés.
Quelques heures plus tard, dans la nuit du dimanche au lundi, ce sont au total 140 lycéens qui auraient été enlevés dans le pensionnat du lycée Bethel Secondary School. Selon les premiers témoignages recueillis, 165 lycéens dormaient dans l’école lorsque des « bandits » ont « escaladé le grillage pour pénétrer dans l’école ». 25 élèves auraient réussi à échapper aux ravisseurs même si pour l’instant, des incertitudes demeurent quant au nombre exact d’enfants enlevés.
Cette série d’attaques s’inscrit dans un cycle vicieux d’enlèvements et de violences qui secoue le nord du Nigeria depuis des décennies et qui s’est intensifié ces derniers mois, principalement dans l’Etat désormais très instable de Kaduna.
Bien que les enlèvements soient toujours aussi choquants de par leur envergure, les modes de fonctionnement des kidnappeurs sont plus ou moins connus des autorités. Les groupes criminels qui sont parfois en collaboration avec les djihadistes ciblent généralement les écoles disposant d’un dortoir, et dont la sécurité est souvent faible. Ils exigent généralement des rançons pour libérer les otages.
Depuis qu’il est arrivé au pouvoir, le président Muhammadu Buhari qui a pourtant fait de la lutte contre l’insécurité l’un des principaux points de son programme est vivement critiqué pour son bilan dans ce domaine. Même si son gouvernement a toujours répété qu’il ne négocierait pas avec les groupes criminels ou terroristes, les actions destinées à mettre fin à la crise sécuritaire que traverse le nord du Nigeria tardent à porter leurs fruits et souvent, les familles sont obligées de céder au chantage des ravisseurs pour revoir leurs proches.
Au total, on estime que près de 1000 enfants, adolescents ou étudiants ont été déjà enlevés au Nigeria, depuis le mois de décembre 2020, et à ce jour, tous n’ont pas été libérés.
Moutiou Adjibi Nourou
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4 years ago
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