"Oui, c'est possible": et pourquoi pas des visages féminins sur les billets de banque?

SOURCE | 7 months ago


Enhance your Social Media content with NViNiO•AI™ for FREE


Par Terriennes

Par Isabelle Mourgere

Campagne Billets d'avenir de Capital filles
Campagne Billets d'avenir de Capital filles

Alors que la Banque centrale européenne organise un concours pour sélectionner le design de ses prochains billets, l’association de mentorat Capital Filles propose sa propre collection de "billets d’avenir". Objectif: mettre en lumière les jeunes femmes des quartiers prioritaires et des territoires ruraux.

Campagne Billets d'avenir de Capital filles

Alors que la Banque centrale européenne organise un concours pour sélectionner le design de ses prochains billets, l’association de mentorat Capital Filles propose sa propre collection de "billets d’avenir". Objectif: mettre en lumière les jeunes femmes des quartiers prioritaires et des territoires ruraux.

Malgré la concurrence des cartes à puce ou des virements bancaires, les billets en euros restent utilisés au quotidien par quelque 350 millions d’Européens. 

Depuis toujours, on y retrouve les visages de grandes personnalités historiques. Plus d'hommes que de femmes d'ailleurs... Pour 2025, ce sont Beethoven, Léonard de Vinci, ou encore Marie Curie qui ont été choisis… Pour sélectionner qui seront les prochains, la Banque centrale européenne organise un concours invitant citoyens citoyennes à contribuer au choix du design de ses billets.

Alors, pourquoi ne pas choisir des anonymes pour incarner les valeurs européennes? Et qui plus est des jeunes filles, qu'elles soient issues des quartiers prioritaires ou des campagnes? Histoire de faire tomber les barrières et dire que "oui c'est possible"... Voilà le parti pris de l'opération "Billets d’avenir", lancée par l'association Capital Filles et imaginée par l’agence Glory Paris.

Capital Filles : Liberté, Egalité, Sororité !

En France, parmi les jeunes âgés de 25 à 29 ans, 67 % des jeunes issus de milieux sociaux favorisés sont diplômés du supérieur, contre 36 % des jeunes de milieux modestes (source: ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche,  2025). 

Seules 6,6 % des femmes issues des quartiers prioritaires de la ville occupent des postes de cadres, contre 23 % pour celles vivant en dehors de ces quartiers, selon l’INSEE.

Pour tenter de faire mentir ces statistiques, l'association Capital Filles entend révéler le potentiel des jeunes femmes issues des quartiers prioritaires de la ville et des territoires ruraux grâce à un dispositif de mentorat. 

Un binôme filleule-marraine est composé. L'idée est que la marraine accompagne sa filleule pour l'aider à renforcer sa confiance en elle.

Et les résultats sont là. En 2024 : 68 % des filleules ont obtenu le bac avec mention, soit 10 % de plus que la moyenne nationale. 92 % poursuivent des études supérieures, dont 20 % en filières scientifiques, 16 % en apprentissage et 6 % en classes préparatoires.

Trois questions à Elizabeth Tchoungui, présidente de Capital Filles

Terriennes: pourquoi cette campagne ? Et d'où est venue cette idée des billets de banque?

Elizabeth Tchoungui: pour résumer, je dirais c'est pour rendre visibles ces jeunes filles qui sont plutôt les invisibles. On a eu l'info selon laquelle la banque centrale va renouveler ses billets l'année prochaine et a lancé un grand concours auprès de designers. 

Donc nous on a twisté ce concours pour dire voilà si on nous avait proposé de le faire, on aurait mis en avant nos marraines et nos filles. Parce que les marraines sont là pour révéler le plein potentiel de nos filles et parce que nos filles, elles doivent se battre deux fois plus, voire trois fois plus pour réussir donc elles incarnent une résilience dont notre monde a grand besoin. 

Quand on regarde l'urgence climatique, les fractures, les inégalités qui se creusent, les révolutions qui se profilent, l'IA etc... qui peut encore un seul instant penser qu'il faut des gens sortis du même moule pour résoudre ces grands défis? On a besoin de tous les talents et nos filles elles incarnent cette diversité, elles incarnent cette "niaque" nécessaire pour répondre aux grands défis.

Comment ces jeunes filles ont-elles accueilli ce projet? 

Elles ont accepté tout de suite parce que, justement, l'action de Capital Filles, c'est de leur donner confiance. On anime des ateliers pour prendre la parole en public, et c'est incroyable. Moi, j'ai vu arriver des filles au départ, dont on n'entendait qu'un filet de voix et qui, aujourd'hui, prennent la parole dans tous nos événements.

Elles ont dit oui tout de suite parce que c'est une reconnaissance, une valorisation. Parce qu'on leur apprend aussi les codes, et combien c'est important d'être visible pour le parcours professionnel. Celles qui sont sur les billets vont pouvoir mettre ça dans leur CV, ce sera un truc en plus. 

Si les femmes n'investissent pas massivement la tech - encore 5% de codeuses seulement chez les codeurs - on va en reprendre pour un siècle d'inégalités. Elizabeth Tchoungi, pdte Capital Filles

Votre association Capital filles lutte pour donner des chances aux filles qui en ont moins que les autres, c'est quoi les principaux obstacles? 

Le premier obstacle de ces jeunes filles, c'est le déterminisme social, géographique et le déterminisme de genre, surtout dans les métiers scientifiques.  

On a besoin de femmes dans la tech pour ne pas reproduire les inégalités. Si les femmes n'investissent pas massivement la tech - encore 5% de codeuses seulement chez les codeurs - on va en reprendre pour un siècle d'inégalités.

Donc, premier message, c'est de leur dire que les sciences, elles doivent y aller. Et même si elles ne sont pas forcément douées pour les maths. Le monde de la tech est ouvert à tous et à toutes, aux femmes. Le but, c'est vraiment d'investir les métiers où elles ont l'impression qu'elles ne peuvent pas y arriver. Cet obstacle, c'est vraiment de déconstruire les stéréotypes de genre. 

Ensuite, se projeter ailleurs que dans leur milieu. Et c'est ce qu'on fait aussi chez Capital Filles. Par exemple, on emmène nos filles à l'opéra. Elles écoutent plutôt Aya Nakamura que de la musique baroque, mais en même temps, quand elles y sont allées, elles ont trouvé que c'était génial. 

Le monde leur appartient. Elles ont une place à prendre partout. C'est vraiment ça le message: sortir du triple ghetto, genre, géographie, origine sociale, et ça marche!

Lire aussi dans Terriennes:

Rose Leke, Geneviève Almouzni : deux femmes percent le plafond de verre des sciences

Femmes en sciences : pourquoi sont-elles toujours si peu nombreuses ?
 


Enhance your brand's digital communication with NViNiO•Link™ : Get started for FREE here


Read Entire Article

© 2026 | Actualités Africaines & Tech | Moteur de recherche. NViNiO GROUP

_