Publié le 16 janvier 2026 Lecture : 2 minutes.
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« Dix personnes ont été tuées à l’intérieur de ma maison » dans la nuit de 15 au 16 janvier, a affirmé Muwanga Kivumbi, un cadre de la Plateforme d’unité nationale (NUP) dans le district de Butambala (Centre), fief de l’opposant Bobi Wine. « Après les avoir tuées, l’armée a continué de tirer. Puis, ils ont enlevé toutes les preuves de leur mort. Il ne reste plus qu’une mare de sang », s’est-il ému.
Des élections présidentielle et législatives se sont tenues jeudi 15 janvier en Ouganda, où le président sortant, Yoweri Museveni, 81 ans, dont quarante ans passés au pouvoir, vise un septième mandat consécutif en s’appuyant sur un contrôle total de l’appareil électoral et sécuritaire.
« Bourrage massif des urnes »
Face à lui, l’ex-chanteur Bobi Wine – de son vrai nom Robert Kyagulanyi –, 43 ans, qui a connu détention et torture lors des élections de 2021, a accusé sur X le gouvernement de « bourrage massif des urnes » et d’avoir arrêté des cadres de son parti à la faveur du blocage d’internet. L’opposant a été assigné à résidence jeudi soir, selon son parti. « L’armée et la police ont encerclé la résidence du président Kyagulanyi Ssentamu Robert, le plaçant de facto, ainsi que son épouse, en résidence surveillée », a condamné la NUP sur X.
Après le dépouillement des urnes dans moins de la moitié des bureaux de vote du pays, Yoweri Museveni obtient 76,25 % des suffrages, contre 19,85 % pour Bobi Wine, selon la commission électorale.
« Nous étions des civils, et non armés »
Dans le district de Butambala, plusieurs centaines personnes étaient rassemblées chez le député Muwanga Kivumbi pour protester contre une manipulation du vote dans sa circonscription quand l’armée est intervenue pour les disperser, a raconté la femme du politicien, Zahara Nampewo, interrogée par téléphone par le bureau de l’AFP à Nairobi.
Alors que de nombreuses personnes présentes se sont enfuies dans des plantations environnantes, « ils ont tiré à travers la porte de notre garage et ont tué dix jeunes, dix jeunes hommes, des agents de campagne qui étaient venus nous aider », a déclaré cette professeure de droit, qui s’est dite « ébranlée ». « Nous étions des civils. Nous n’étions pas armés. Il était 3 heures du matin. Je ne sais pas ce que nous avions fait de mal. C’était tellement fort [le bruit des tirs]. Je ne pouvais pas croire ce qui m’arrivait, et ce qui arrivait à mon pays », a-t-elle dit.
Selon un cadre des forces de sécurité ougandaises, sept personnes ont été tuées pour avoir attaqué le centre local de dépouillement des votes.
(Avec AFP)
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