RDC : une force régionale bientôt déployée dans l’Est

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La rébellion du M23 menace toujours la ville de Goma, où l’armée congolaise est déployée. © Beatrice PETIT/REPORTERS-REA

Les dirigeants d’Afrique de l’Est se sont accordés lundi 20 juin sur la mise en place d’une force régionale pour tenter de mettre fin au conflit dans l’Est de la RDC et ont appelé à un cessez-le-feu immédiat.

Cette annonce a été faite par la présidence kényane à l’issue d’une réunion lundi 20 juin à Nairobi des sept membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) consacrée à la situation sécuritaire dans la région. « Les chefs d’État ont indiqué que la force régionale devrait, en coopération avec l’armée et les forces administratives de RDC, chercher à stabiliser et assurer la paix en RDC, a-t-elle indiqué dans un communiqué. « Les chefs d’État ont demandé qu’un cessez-le-feu immédiat soit appliqué et que la cessation des hostilités débute immédiatement. »

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« Opérationnelle dans les prochaines semaines »

Un regain de tension dans l’Est ces dernières semaines a ravivé l’animosité entre la RDC et le Rwanda, alimentée par la résurgence du Mouvement du 23 mars (M23). Cette rébellion vaincue en 2013 par l’armée congolaise et les Casques bleus de la mission de l’ONU, a repris les armes fin 2021, en reprochant à Kinshasa de ne pas avoir respecté un accord pour la démobilisation et la réinsertion de ses combattants. La RDC accuse le Rwanda de leur fournir une assistance, ce que Kigali dément. Les affrontements entre le M23 et l’armée congolaise ont entraîné la fuite de milliers d’habitants vers l’Ouganda voisin.

Après la prise de Bunagana, poste frontalier entre la RDC et l’Ouganda, par le M23 dans la nuit du 12 au 13 juin, le président kenyan avait appelé au déploiement d’une force régionale dans l’Est de la RDC. 

Le communiqué kényan n’a pas précisé si le Rwanda allait jouer un rôle dans la force régionale, mais Kinshasa a d’ores et déjà prévenu que sa présence ne serait pas acceptée. « Placée sous commandement militaire du Kenya, cette force devrait être opérationnelle dans les prochaines semaines et ne devrait pas comprendre en son sein d’éléments de l’armée rwandaise », a de son côté affirmé la présidence de la RDC sur Twitter.

« Approche collective »

Le président congolais Félix Tshisekedi et le président rwandais Paul Kagame assistaient à la réunion ce lundi 20 juin, aux côtés du président kényan Uhuru Kenyatta, ainsi que des dirigeants du Burundi, du Soudan du sud, de l’Ouganda et de l’ambassadeur de Tanzanie à Nairobi.

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Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a salué l’issue de la réunion à Nairobi dans un communiqué publié sur Twitter. « J’appelle à l’application immédiate de leurs décisions afin de restaurer la paix dans l’Est de la RDC », a-t-il ajouté.

The 3rd #EAC Heads of State Conclave on Inter-Congolese Dialogue is currently underway in #Nairobi to evaluate the security situation in the East of the #DRC. @StateHouseKenya @PaulKagame @KagutaMuseveni @GeneralNeva @Presidence_RDC @SouthSudanGov @ikulumawasliano pic.twitter.com/YU0CQJqzYH

— East African Community (@jumuiya) June 20, 2022

« Les problèmes affectant la région comme la crise au Congo nécessitent une approche collective de la part de tous les membres régionaux de la Communauté d’Afrique de l’Est, a écrit sur Twitter le président ougandais Yoweri Museveni pendant la réunion. Nous devons insister pour travailler ensemble parce que ces gens ont beaucoup souffert. »

Le gouvernement ougandais a de son côté envoyé des troupes pour aider les forces congolaises à combattre les rebelles du groupe Forces démocratiques alliées (ADF), accusés d’être responsables de massacres de milliers de civils dans l’Est congolais et d’avoir commis des attentats en Ouganda. Ce groupe, d’origine ougandaise, a été placé en mars dernier par les États-Unis parmi les « groupes terroristes » affiliés aux djihadistes de l’État islamique.

Avec AFP

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