Socrate, Sonko et la « corruption de la jeunesse »

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Représentation de Socrate, philosophe de la Grèce antique (5eme siecle av. JC) condamné à boire la ciguë, après avoir été accuse d’impiété et de corruption de la jeunesse. © Gravure du 19eme siècle. Prisma Archivo/Leemage via AFP

L’opposant sénégalais n’est pas philosophe. Dans l’ordonnance de mise en accusation et de renvoi devant les chambres criminelles signée le 17 janvier 2023 par le doyen des juges du tribunal de grande instance (TGI) de Dakar, cet ancien inspecteur principal à l’Inspection générale des impôts et domaines, radié en 2016 pour manquement au devoir de réserve, est qualifié d’« expert fiscal ».

Deux points en commun relient toutefois Ousmane Sonko, le président-fondateur des Patriotes africains du Sénégal pour l’éthique, le travail et la fraternité (Pastef), et l’Athénien Socrate, l’un des plus célèbres philosophes ayant jamais vécu, considéré comme le père de la discipline.

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D’abord, parce que tous deux ont été condamnés au terme d’un procès retentissant, à forte connotation politique. Mais surtout parce que l’une des incriminations qui les a visés, rarissime de nos jours en matière pénale, semble avoir mystérieusement traversé les âges. Tout comme Socrate devant l’Héliée athénienne en 399 av. J.-C., Ousmane Sonko a en effet été condamné par la chambre criminelle du TGI de Dakar, le 1er juin 2023, pour « corruption de la jeunesse ».


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