Tchad : la valorisation du gaz de Badila relance le débat énergétique national

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(Agence Ecofin) - Pays producteur de pétrole, le Tchad ne valorise pas encore suffisamment ses ressources en gaz naturel qui sont essentiellement torchées. Un paradoxe dans un pays où l’accès à l’électricité représente un défi majeur.

En parallèle d’une légère augmentation de la production des champs pétroliers de Badila et Mangara qu’elle opère dans le bassin de Doba, au Tchad, la compagnie franco-britannique Perenco valorise une partie du gaz associé à ces gisements. Une production qui permet d’alimenter en électricité la ville de Moundou, située dans le sud du pays et considérée comme la deuxième ville du Tchad après N’Djamena.

Ce développement, rendu public lundi 1er décembre par la compagnie, intervient alors que le Tchad est cité parmi les 15 pays du monde qui brûlent le plus de gaz associé. Selon le Global Gas Flaring Tracker, le Tchad a torché environ 0,9 milliard de m³ de gaz en 2023. Un volume en hausse comparé aux 0,5 milliard de m³ rapportés en 2022 par le même organisme.

Si la valorisation du gaz associé reste marginale au Tchad, c’est essentiellement en raison de l’absence de réseau national de collecte et du manque d’unités de traitement capables d’absorber les volumes produits. Dans ce contexte, l’alimentation de Moundou à partir du gaz de Badila demeure une exception qui illustre le potentiel encore peu exploité de cette ressource énergétique.

L’expérience menée à Badila relance la question de l’usage du gaz associé dans le bassin de Doba, un sujet régulièrement relevé dans les diagnostics énergétiques du Tchad publiés par la Banque mondiale.

Les repères de coûts publiés par la Banque mondiale et l’Agence internationale de l’énergie montrent qu’un pipeline de transport de gaz peut coûter entre 1 et 3 millions de dollars par kilomètre. Une unité de traitement du gaz associé se situe généralement entre 150 et 250 millions de dollars, tandis que la construction d’une centrale alimentée au gaz représente plusieurs dizaines de millions de dollars supplémentaires. Ces ordres de grandeur illustrent l’ampleur des investissements nécessaires pour développer un réseau gazier, alors qu’aucune de ces infrastructures n’existe aujourd’hui au Tchad.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

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