
Les montres connectées du groupe californien pourront bientôt réaliser un premier diagnostic. Cette nouvelle fonctionnalité doit encore être validée par l’autorité américaine du médicament.
Passer la publicité Passer la publicitéApple creuse depuis plus de dix ans son sillon dans le domaine de la santé. Aux côtés de nouveaux modèles d’iPhone et d’AirPods, le groupe a annoncé mardi soir que ses montres intelligentes pourront bientôt réaliser un premier diagnostic de l’hypertension. En tant que dispositif médical, cette nouvelle fonctionnalité doit encore recevoir la validation de la Federal Drug Administration (FDA), l’autorité américaine du médicament, avant d’être mise sur le marché. Apple espère l’obtenir prochainement.
Cette fonctionnalité s’ajoute aux nombreux outils d’ores et déjà proposés par Apple ces dernières années pour monitorer la santé de ses clients. Lancée en 2015, l’Apple Watch s’est révélée le meilleur outil pour y parvenir. Avant de détecter l’hypertension, ces montres connectées étaient déjà capables de réaliser des électrocardiogrammes, de détecter l’arythmie cardiaque ou de suspecter une apnée du sommeil. Depuis l’année dernière, certains écouteurs AirPods réalisent aussi des tests auditifs, et sont équipés d’un dispositif de prévention de la surdité qui réduit les sons trop forts.
Maladie asymptomatique
« À chaque (innovation dans le domaine de la santé), trois principes nous ont guidés, expliquait Sumbul Desai, vice-présidente de la santé chez Apple, il y a deux ans au Figaro. D’abord, tout ce que nous proposons doit être validé par des données scientifiques. Ensuite, nos applications doivent être faciles à utiliser. Enfin, la confidentialité des données doit être au cœur de toutes nos fonctionnalités. »
S’agissant de l’hypertension, la montre connectée d’Apple ne mesure pas directement la pression sanguine comme le ferait un tensiomètre. Équipée d’un capteur qui émet une lumière infrarouge, elle mesure la réaction des vaisseaux sanguins à chaque battement du cœur. Tous les trente jours, un algorithme traite les données collectées. Si elles mettent en évidence une potentielle hypertension, celle-ci est notifiée à son utilisateur, qui est incité à aller voir son médecin.
Un enjeu clé de santé public
Le diagnostic de l’hypertension artérielle est un enjeu de santé public. Quatre personnes sur cinq qui en souffrent ne sont pas traitées correctement, déplore l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 40 % des malades ignorent même en souffrir car cette pathologie est asymptomatique. Elle est pourtant à l’origine d’accidents vasculaires cérébraux, d’infarctus ou d’insuffisance cardiaque.
La santé de leurs utilisateurs intéresse beaucoup les géants de la tech. En 2019, Tim Cook, le PDG d’Apple, expliquait sur la chaîne CNBC que, « dans le futur, quand on se demandera quelle a été la contribution la plus importante d’Apple à l’humanité, la réponse sera la santé ». Dans ce domaine, les données sont clés. Or les Gafam en sont riches. Ce marché est par ailleurs considérable et bouleversé par la digitalisation.
Apple n’est donc pas le seul à investir dans ce domaine. Google avait par exemple déboursé 2 milliards de dollars pour acquérir Fitbit, l’un des leaders mondiaux des bracelets connectés. Il ambitionne désormais de révolutionner la recherche scientifique grâce à AlphaFold, son laboratoire utilisant l’intelligence artificielle.
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7 months ago
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