Par AFP Par Aurélia END © 2025 AFP
Le conseil d'administration du Kennedy Center, grande salle de spectacles de Washington désormais dirigée par des proches du président américain, a décidé de rebaptiser le lieu en Trump-Kennedy Center, une décision qui a révolté la famille du président assassiné et l'opposition démocrate.
C'est dans cette salle qu'a eu lieu récemment le tirage au sort du Mondial-2026, avec Donald Trump en vedette.
La décision salue "le travail incroyable fait cette année par le président Trump pour sauver le bâtiment. Pas seulement du point de vue de sa reconstruction, mais aussi de ses finances et de sa réputation", a commenté Karoline Leavitt dans un message sur X.
Elle a assuré que la décision avait été "unanime", ce que contestent plusieurs parlementaires démocrates, membres de droit (ex officio) du conseil d'administration, dont les chefs de file du parti à la Chambre Hakeem Jeffries et au Sénat Chuck Schumer.
"Tout ce processus est révélateur de la corruption qui imprègne tout le gouvernement Trump", ont-ils jugé dans un communiqué.
Donald Trump a dit jeudi être "honoré" et "surpris" par cette décision - bien qu'il ait parlé du "Trump-Kennedy Center" de manière insistante depuis son retour au pouvoir, en feignant de plaisanter.
Il a assuré avoir "sauvé" une institution en "mauvais état".
D'un point de vue légal, le Congrès américain est compétent pour nommer le bâtiment, qui a un statut fédéral, et c'est bien le législateur qui avait rebaptisé l'institution en 1964 pour honorer la mémoire de John F. Kennedy.
Critiques de la famille Kennedy
"Le président Kennedy a incarné fièrement la justice, la paix, l'égalité, la dignité, la diversité et la compassion pour ceux qui souffrent. Le président Trump est l'opposé de ces valeurs", a protesté sur X une nièce du président démocrate assassiné, Kerry Kennedy.
"C'est indigne. Ce n'est pas amusant. C'est très en-dessous de la fonction. C'est malsain . (...) Quand vous pensez que quelqu'un ne peut pas tomber plus bas, ils s'enfoncent encore..." a lâché Maria Shriver, autre nièce de JFK, sur le même réseau.
Une loi de 1958 a créé ce qui s'appelait à l'époque le "Centre national de la culture".
La salle a accueilli son premier grand spectacle en 1971. Elle est depuis un haut lieu culturel de la capitale américaine, avec une programmation qui va de la variété à l'opéra, en passant par la comédie musicale et le théâtre.
Donald Trump a aussi vu récemment son nom gravé sur la façade d'un "Institut de la paix" situé à Washington, une décision prise par le département d'Etat.
L'ancien promoteur immobilier a fait de son nom une marque, inscrite en lettres rutilantes sur ses propriétés.
Le milliardaire de 79 ans semble vouloir continuer sur sa lancée dans sa fonction présidentielle.
L'ancien animateur de téléréalité a pris le contrôle du Kennedy Center, une institution auparavant neutre, et a placé des proches aux postes stratégiques, à commencer par Richard Grenell, un fidèle allié, à la direction.
"Pas unanime"
Selon Joyce Beatty, élue démocrate de l'Ohio à la Chambre des représentants, la décision de renommer l'institution, prise pendant une conférence téléphonique, "n'était pas unanime".
"Ma ligne a été placée sur silencieux pendant l'appel et je n'ai pas pu parler ou exprimer mon opposition à cette décision. Par ailleurs ce n'était pas à l'agenda. Ce n'est pas un consensus. C'est de la censure", a-t-elle dénoncé sur X.
Richard Grenell a répondu, sur la même plate-forme, que son statut spécifique de membre "ex officio" ne lui donnait pas le droit de vote.
Donald Trump a animé récemment la soirée de gala annuelle du centre, dont il veut faire un emblème de son approche traditionaliste et "anti-woke" de la culture.
L'émission sera diffusée le 23 décembre à la télévision. "Je pense que cela fera de très grosses audiences", a-t-il jugé jeudi.
La nouvelle direction du Kennedy Center a supprimé les drag shows qui s'y déroulaient et les événements célébrant la communauté LGBT+.
Elle a invité des conférences de la droite religieuse et des artistes chrétiens.
Selon la presse américaine, les ventes de billets ont baissé depuis que Donald Trump et ses proches ont pris le contrôle du Kennedy Center.
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