Publié le 20 novembre 2025 Lecture : 2 minutes.
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L’opposant tunisien emprisonné, Jawhar Ben Mbarek, en grève de la faim « sauvage » depuis trois semaines, a de nouveau été hospitalisé « pour la cinquième fois » avant d’être ramené dans sa cellule, a indiqué mercredi 19 novembre sa sœur Dalila Msaddek. Ses avocats ont pu lui rendre visite en prison mercredi et ils ont appris « qu’il avait été transféré [le 18 novembre], pour la cinquième fois consécutive, à l’hôpital de Nabeul [centre-est], avant d’être ramené dans sa cellule », a posté cet avocat sur Facebook.
Son père et sa sœur essaient de le convaincre d’arrêter sa grève de la faim, mais « il refuse bien que vingt-deux jours se soient écoulés » et qu’il ne « consomme que de l’eau sans sucre ni nutriments », a précisé Dalila Msaddek.
Jawhar Ben Mbarek, 57 ans, cofondateur de la principale coalition d’opposition Front de salut national (FSN) détenu depuis février 2023, a été condamné en avril à dix-huit ans de prison pour « complot contre la sûreté de l’État » et « adhésion à un groupe terroriste ». Son procès en appel aux côtés d’une quarantaine d’autres personnalités a été ajourné au 27 novembre. Pour protester contre sa détention « injuste » et « arbitraire », le quinquagénaire observe une grève de la faim « sauvage », sans nourriture et avec très peu d’eau, selon ses proches.
La ministre Leïla Jaffel nie la grève de la faim du détenu
La semaine passée, Jawhar Ben Mbarek a été victime, selon sa famille et ses avocats, de « violences » de la part de gardiens et de détenus qui l’ont « frappé » pour le forcer à se nourrir « jusqu’à ce qu’il perde connaissance ». Une plainte a été déposée pour des « actes de torture » et la direction des prisons a ouvert « une enquête administrative », selon ses avocats.
Le 19 novembre, Issam Chebbi, dirigeant d’un parti centriste, a mis fin à une grève de la faim qu’il observe par solidarité avec Jawhar Ben Mbarek, aux côtés de trois autres politiciens emprisonnés, dont le chef du mouvement islamo-conservateur Ennahdha, Rached Ghannouchi, 84 ans.
La ministre de la Justice, Leïla Jaffel, a nié samedi 15 novembre devant le Parlement que « quiconque [était] en grève de la faim sauvage ». « Ils mangent tous, ceux qui ne mangent pas beaucoup mangent un peu », a-t-elle affirmé, accusant les détenus de se nourrir en cachette.
(Avec AFP)
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