Voici un nouvel espoir pour des personnes atteintes de dégénérescence rétinienne. Dans ces maladies, les photorécepteurs de la rétine sont atteints, conduisant à une perte progressive, et éventuellement totale, de la vision. En Corée du Sud, des chercheurs de l'université Yonsei, ainsi que d'autres établissements, ont mis au point une rétine artificielle qui pourrait offrir une nouvelle manière de voir le monde.
Dans un article publié dans la revue Nature Electronics, ils détaillent leur invention qui fonctionne non pas dans la lumière visible, mais dans l'infrarouge proche. Autrement dit, elle permettrait de voir la lumière infrarouge qui se trouve juste au-delà du spectre visible humain. Ce dispositif ne se destine pas à remplacer la rétine des patients, mais vient en complément. Elle évite ainsi de toucher à leur vision restante.
Des électrodes en métal liquide
Selon les chercheurs, la rétine artificielle « peut être reliée à la surface épirétinienne, et convertit la lumière infrarouge proche en signaux électriques qui stimulent de manière sélective les cellules ganglionnaires ». Elle est composée de deux éléments. Le premier est simplement un réseau de phototransistors sensibles à la lumière infrarouge proche, qui se chargent de la transformer en signaux électriques.
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Le second, plus innovant, est un ensemble de micro-piliers en métal liquide en trois dimensions. Il s'agit d'électrodes souples qui transmettent le signal électrique directement aux cellules ganglionnaires de la rétine. Dans de nombreux cas de dégénérescence rétinienne, les photorécepteurs sont atteints, mais les cellules ganglionnaires restent saines. Le recours à ces micro-piliers en métal liquide permet d'éviter d'endommager les tissus oculaires, une option bien plus sûre que les implants rigides classiques. Le lien direct avec les cellules ganglionnaires évite de toucher aux photorécepteurs encore fonctionnels.
« Les électrodes en métal liquide favorisent une plus grande proximité avec les cellules ganglionnaires rétiniennes, permettant ainsi une injection de charge efficace tout en minimisant les dommages tissulaires grâce à leur faible module de Young », indiquent les chercheurs.
Schéma de la rétine artificielle avec un filtre de transmission infrarouge proche (NIR) et des phototransistors. © Nature Electronics
Des résultats prometteurs en laboratoire
Ils ont testé le dispositif tout d'abord ex vivo, sur des échantillons de rétines de souris. Ils ont ainsi pu s'assurer que l'appareil n'avait aucun effet nocif sur les tissus. Ils l'ont ensuite implantée dans des souris. « Les études in vivo menées sur des souris saines et aveugles démontrent une perception de la lumière visible ainsi que de l'infrarouge proche (NIR), comme en témoignent les enregistrements corticaux et les tests comportementaux », résument les chercheurs. L’implant leur a permis de percevoir la lumière infrarouge proche, sans pour autant compromettre leur capacité à voir la lumière visible.
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À l'heure actuelle, il s'agit d'un simple prototype et il faudra encore plusieurs étapes avant d'envisager des essais cliniques sur des patients humains. Toutefois, si elle est un jour démontrée sûre, elle pourrait offrir un nouvel espoir pour les personnes malvoyantes. Cette rétine artificielle pourrait être implantée avant la perte complète de la vision, et les patients n'auraient pas à choisir entre conserver leur vision restante et la vision offerte par l'implant. Mais la question principale qui demeure est de savoir comment le cerveau humain interprétera ces signaux, et si cette nouvelle vision sera suffisante pour les aider dans la vie de tous les jours.
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