Le site humoristique The Onion s'est fendu d'un très sérieux, et tout aussi hilarant, argumentaire à la Cour suprême des Etats-Unis pour défendre le droit à la parodie.
Son mémo a été transmis lundi à la vénérable institution en soutien d'un Américain arrêté parce qu'il avait créé une page Facebook parodiant celle de la police de sa ville.
"Des Américains peuvent être jetés en prison parce qu'ils se moquent des autorités? C'est une surprise pour la source d'information la plus raffinée de l'Amérique et une expérience désagréable pour son équipe éditoriale", écrivent ses avocats en introduction.
Sur 18 pages, ils mêlent ensuite arguments juridiques, blagues et outrances, tout en respectant le jargon propre à ce type de document, y compris l'emploi de locutions latines.
"Tu stultus es. Tu es bête. Ces trois mots latins sont la devise de The Onion et sa ligne directrice depuis sa création en 1988", rappellent-ils. "Son objectif original est de rappeler à quel point ses lecteurs sont crédules."
The Onion se targue d'avoir "4.300 milliards de lecteurs" et d'être "l'organisation la plus puissante et influente de l'histoire de l'humanité". Mais l'imagination de ses contributeurs a été "dépassée" par la réalité dans le dossier d'Anthony Novak, écrivent-ils.
Cet habitant de l'Ohio avait créé en 2016 une page Facebook imitant celle de la police de Parma, pour mieux s'en moquer. Accusé de perturber les services publics, il avait été arrêté puis acquitté par un jury populaire.
Il avait alors porté plainte contre la police en l'accusant d'avoir violé sa liberté d'expression. Après avoir perdu en appel, il s'est tourné vers la Cour suprême.
The Onion a alors décidé de le soutenir en transmettant à la haute juridiction un "amicus brief", qui permet à des personnes ou des organisations ayant un intérêt dans un dossier de faire connaître leurs arguments.
"The Onion ne peut pas rester sans rien faire face à une décision qui menace d'éviscérer une forme de rhétorique millénaire, particulièrement efficace dans le débat public et qui - entre parenthèses -- est la base du salaire de ses auteurs", justifient ses avocats
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3 years ago
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