(Agence Ecofin) - Les Ministres des affaires étrangères du groupe des pays connus sous l'appellation de BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), réunis lors d'une réunion virtuelle ce mardi 1er juin 2021, ont soutenu l'initiative menée par deux de leurs membres (Afrique du sud et Inde) auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce, pour lever temporairement les droits de propriété intellectuelle sur les vaccins Covid-19.
« Les ministres ont réaffirmé la nécessité d'utiliser toutes les mesures pertinentes pendant la pandémie, y compris le soutien à l'examen en cours à l'OMC d'une dérogation aux droits de propriété intellectuelle pour le vaccin COVID-19 et l'utilisation des flexibilités de l'accord ADPIC et de la déclaration de Doha sur l'accord ADPIC et la santé publique », peut-on lire dans une déclaration commune.
— The Times Of India (@timesofindia) June 1, 2021En effet, dans leur proposition commune, qui a reçu le soutien de 63 États-membres de l’OMC, l'Afrique du Sud et l’Inde estiment qu'un meilleur accès des pays faibles aux vaccins, demande d’éliminer les droits de propriété intellectuelle. « Cette proposition de dérogation ouvre la voie à une collaboration plus poussée, au transfert de technologie et à l'arrivée d'un plus grand nombre de producteurs afin de garantir l'extensibilité dans un délai beaucoup plus court », explique à cet effet Mustaqeem De Gama, conseiller à la mission permanente de l'Afrique du Sud auprès de l'OMC, qui a participé à la rédaction de la proposition.
L’initiative ne rencontre cependant pas l’enthousiasme de l'Union européenne en tant qu’entité, ni de la Grande Bretagne ou de l’Australie. Ces derniers préfèrent miser sur une augmentation de la production et la levée des restrictions à l'exportation des composants des vaccins. Mais même au sein de l’UE les positions ne semblent pas harmonisées.
Ainsi, en visite en Afrique du Sud, le Président français Emmanuel Macron s’est déclaré « tout à fait favorable à ce que la propriété intellectuelle soit levée » sur les vaccins, et d’en faire « un bien public mondial », selon le média Le Monde. Mais il faut dire que la France est toujours en quête d’un premier vaccin produit par une de ses entreprises.
Les Etats-Unis ont aussi apporté un premier soutien à l'initiative sud-africaine devant l’OMC, forçant ainsi la main à leurs alliés européens. Un fait qui ne doit pas occulter que, non seulement ce pays est l’un des plus avancés au monde dans la vaccination, mais aussi qu’il interdit l'exportation de bio-composants à l’international.
Dans le même temps, du côté des BRICS, il faut rappeler que deux d’entre eux, la Chine et la Russie, sont propriétaires de vaccins Covid-19 (Sputnik V et Sinopharm). Ainsi, malgré leur soutien à l’initiative sud-africaine, il n’est pas encore dit que leurs laboratoires renonceront à leurs brevets.
Pour rappel, moins de 2 % des doses de vaccins anti-COVID-19 administrées à l’échelle mondiale l’ont été en Afrique, où la majorité des pays n’ont reçu que récemment des stocks, et en petites quantités, selon de récentes données de l'OMS.
Ayi Renaud Dossavi
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