Elisabeth Borne nommée Première ministre: la presse mitigée

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Un "choix de la raison", de l'efficacité et de la continuité: la nomination d'Elisabeth Borne, ancienne ministre du Travail sous Macron I, au poste de Première ministre n'a pas suscité mardi de remous dans la presse, qui salue cependant le choix d'une femme à Matignon.

"La femme des défis" titre en Une le quotidien économique Les Echos, Daniel Fortin notant dans son éditorial la continuité dont a fait preuve le président en optant pour cette technocrate issue de l'aile gauche de la Macronie.

"Son profil techno, qui la rapproche de son prédécesseur Jean Castex, laisse penser que l'articulation du pouvoir entre les deux têtes de l'exécutif restera très semblable à ce qui a été à l'œuvre depuis deux ans, à savoir une très forte concentration du pouvoir réel à l'Elysée", analyse le journal.

Une lecture partagée par la majorité des journaux au lendemain d'une nomination qui aura demandé trois semaines. La Croix la qualifie de "choix de l'efficacité" à sa Une, accompagnée d'une photo de la ministre souriante, dossiers sous le bras. "Sa nomination à Matignon apparaît parfaitement logique", estime encore Jérôme Chapuis dans son éditorial.

Pour le quotidien, il s'agit là "d'une confirmation: Emmanuel Macron n'a pas l'intention de changer sa manière d'exercer le pouvoir dans le quinquennat qui s'ouvre".

Le Figaro a le regard tourné vers l'avenir, énumérant les "chantiers" qui attendent Mme Borne si sa nomination est rendue effective.

"Elle devra mener des réformes difficiles, dont celle des retraites, sans provoquer la colère du corps social", écrit le journal.

- "Casse sociale" -

Ce corps social, l'Humanité s'en fait pour sa part l'écho. "La casse sociale à Matignon", assène sa Une. pour le quotidien communiste, la pilule des réformes de l'assurance-chômage, et surtout des retraites n'est pas passée.

"Le véritable chef du gouvernement se trouve à l’Élysée. La première ministre n’est là que pour exécuter sa volonté. La seule surprise ne peut désormais venir que des législatives, avec la perspective d’une victoire de la Nupes", la Nouvelle union populaire écologique et sociale de Jean-Luc Mélenchon, assure le quotidien.

Les journaux régionaux ont eux choisi la sobriété. La Dépêche titre: "Elisabeth Borne Première ministre"; L'Ardennais: "Elisabeth Borne à Matignon" et le Télégramme: "Première ministre", avec une simple photo de la polytechnicienne. Ouest-France reste sur cette même ligne.

Si les réactions sur son bilan en tant que ministre du Travail sont partagés, la presse s'accorde sur une chose: la nomination d'une femme est bienvenue.

Le Midi Libre y voit un "choix de raison", et se réjouit de "l'installation d'une femme à Matignon". "Tout en regrettant, surtout, une attente de 31 ans depuis Édith Cresson qui en dit long sur les pratiques politiques dans ce pays".

Dans une interview au Journal du Dimanche le 15 mai, la première femme à occuper ce poste avait fustigé une classe politique machiste en France.

L'inquiétude se lit aussi dans les pages de Libération: "Malheureusement, la question n'est (...) pas de savoir si Elisabeth Borne subira un jour un dérapage sexiste, mais quand…". Le quotidien tient à souligner que cette nomination reste en revanche "un non-événement politique".

L'Opinion se montre également sévère et souligne le retard de la France en matière de promotion féminine "alors que cinq pays de l'Union européenne sont dirigés par des femmes, que Angela Merkel est restée plus de seize ans à la tête de l'Allemagne, que Margaret Thatcher a conduit d'une main de fer la Grande-Bretagne plus de onze ans".

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