Majestueuse façade d’entrée en moucharabieh, une surface de 15 300 m2 étalée sur trois niveaux, un rooftop 360° végétalisé, le tout situé au cœur du nouveau hub cosmopolite M Avenue. C’est l’œuvre de l’architecte français Didier Lefort pour l’hôtel Pestana CR7 à Marrakech de Cristiano Ronaldo, en partenariat avec le groupe hôtelier portugais propriété de Dionisio Pestana. L’établissement, qui aura coûté 300 millions de dirhams, dispose de 174 chambres, 2 restaurants, 1 centre d’affaires, 1 spa avec salle de fitness et 1 piscine extérieure avec cascade.
Badr Hari is back
Ancien ami proche de la star du ballon rond, l’ancien kickboxeur néerlandais d’origine marocaine, Badr Hari, a lui aussi choisi de miser sur le royaume. En novembre dernier, celui qui avait mis fin à sa carrière sportive en octobre 2021 annonçait, via son compte Instagram, le lancement au Maroc d’un réseau de salles de sport baptisées « Punch ».
« Dans les trois prochaines années », l’ex-poids lourd prévoit d’ouvrir « quelques dizaines de salles de sport ». En mai dernier, le visage du combattant apparaissait sur plusieurs panneaux publicitaires géants de la capitale économique, avec ce message sans équivoque : « I’m back. »
« Le sport m’a tout donné dans ma vie, il est temps de redonner à la communauté sportive de notre cher pays », écrivait-il dans son post d’annonce. Engagé pour l’accessibilité du sport, Badr Hari affirme vouloir « créer des salles de sport qui répondent aux meilleurs standards internationaux tout en proposant des frais d’abonnement abordables pour tous ». Objectif : que son projet ait « un fort impact social à travers tout le pays ». Pour le prix des abonnements, comptez 2 990 dirhams pour l’offre dite « Fitness Pass » et 3 990 dirhams pour le « Total Pass ».
Teddy Riner, ceinture noire du business
Autre grande figure des sports de combat, le Français Teddy Riner, sacré onze fois champion du monde de judo et qui a ses entrées au Palais, investit lui aussi allègrement. De fait, dès 2018, le judoka possédait à parts égales avec Hugo Peszynski, lui-même ex-judoka de compétition, une entreprise de « prestation marketing dans le domaine sportif et l’organisation d’événements sportifs » basée à Casablanca. La même année, la presse évoque aussi une Fondation écologique Teddy Riner pour l’assainissement de l’Afrique (TR2A), basée, elle, à Marrakech.
Même s’il semble s’être désengagé de ces deux projets, Teddy Riner a depuis multiplié les investissements dans l’immobilier, la restauration, l’hôtellerie et la logistique au Maroc. Dès mai 2022, il lance la construction d’un projet de logements haut de gamme, « 134 Square », signé par l’architecte Rachid El Andaloussi, à Dar Bouazza, au sud de Casablanca, à l’aide d’un prêt de Bank of Africa avoisinant les 400 millions de dirhams, révélait en mai 2022 le site d’information Le Desk.
À Lire Maroc : les amis de Sa MajestéDans la même banlieue, en bord de mer, le sportif a également lancé un centre de beauté et deux espaces de restauration, « Les routes de Dar Bouazza », en association avec CapHôtel, du groupe français Deret, propriétaire de la marque Accor (Mercure, Novotel, Ibis Style, Ibis Budget), rapportait la même source. Parallèlement, la même année, à Dakhla, Teddy Riner pose, seul cette fois, les jalons d’un projet de complexe touristique, mais aussi d’espaces de stockage via une entreprise créée en avril 2022, TR Dakhla Takhzine.
Le trio Azaitar
Exemple supplémentaire, et non des moindres, celui des controversés frères Azaitar, des Allemands d’origine marocaine : les jumeaux Omar et Abu Bakr, et leur cadet Ottman. Les deux derniers sont champions de MMA, le premier est leur manager et entraîneur, et, depuis quelques mois déjà, leur proximité supposée avec le Palais suscite étonnement et commentaires, en particulier dans la presse étrangère.
En juillet 2019, Ottman Azaitar lance un restaurant de la chaîne allemande 3h’s Burger & Chicken à Tanger. Trois ans plus tard, en mars 2022, les frères Azaitar inaugurent à la marina de Salé un établissement de restauration rapide, Royal Burger, une boutique de beignets, Royal Donuts, et un concept café/chicha rose bonbon appelé Chérie Chéri, les jours suivants. Le 3h’s de la ville du Détroit est à son tour baptisé Royal Burger.
À Lire Maroc : Azaitar, Hari, Rabii… ces stars du ring qui gravitent autour des puissantsSelon Le Desk, le trio détient également une société de promotion immobilière, Antego Maroc, à Tanger. En mars 2021, le plus jeune, Ottman, a même tenté d’investir dans le cannabis thérapeutique en déposant le nom Phar-Maroc, ainsi qu’un logo reprenant le symbole de la coupe d’Hygie sur une feuille de cannabis aux couleurs du drapeau marocain. Il sera toutefois freiné dans son élan trois mois plus tard, l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (Ompic) rejetant sa demande de dépôt au motif de « reproduction […] d’emblèmes officiels du royaume », selon l’article 135 de la loi relative à la protection de la propriété industrielle.
Ancienne génération
Que des sportifs ou anciens sportifs investissent au Maroc n’a rien de nouveau. Ce qui change depuis quelques années, c’est surtout le profil de ces investisseurs. Stars internationalement connues, qui associent leurs noms à des business au Maroc, ou athlètes binationaux d’envergure revenus investir dans leur pays d’origine. Leurs projets sont souvent médiatisés, voire auréolés de prestige.
Pourtant, jusqu’au début des années 2000, « les sportifs se tournant vers l’entrepreneuriat au Maroc le faisaient pour s’assurer une sécurité financière après leur retraite, généralement autour de l’âge de 37 ans », explique Younes El Hassani, spécialiste de la reconversion professionnelle dans le sport. Certains l’ont fait pour continuer à lisser leurs revenus, conserver le même train de vie que lorsqu’ils étaient sportifs, quand d’autres ont voulu l’améliorer, « au risque parfois de s’y casser les dents ».
Il explique notamment que parmi les joueurs de la sélection marocaine de football de la « génération 1986 », beaucoup ont fait ce choix, le roi Hassan II comme Mohammed VI accordant une attention particulière aux sportifs, notamment en tant que gages de visibilité à l’international. Ainsi, Baddou Zaki ou Aziz Bouderbala, par exemple, « auraient profité de facilités et d’agréments pour lancer leurs projets ».
Alors que le quadruple champion du monde du 1 500 mètres et double champion olympique, Hicham El Guerrouj, a investi dans deux fermes s’étendant sur plusieurs dizaines d’hectares à Berkane, la majorité de ces sportifs ont plutôt investi – plus ou moins avec succès – dans l’immobilier, comme les anciens Lions de l’Atlas Salaheddine Bassir et Mustapha El Haddaoui, dans la restauration, comme Noureddine Naybet, ou ont ouvert des écoles ou académies sportives privées, comme Mehdi Krimo ou Hicham Arazi. L’un des rares à s’être reconverti – bien que brièvement – dans l’équipement sportif a été l’athlète olympique Saïd Aouita. En général, aucun de ceux-là ne s’est véritablement enrichi après sa carrière sportive.
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